Kim Longinotto nous présente «Into the Abyss» de Werner Herzog

Into the Abyss de Werner Herzog sera présenté dans le cadre du programme spécial 15 ans, 15 coups de coeur. Kim Longinotto nous parle de l’influence de ce documentaire sur son propre cinéma.

The film that has really inspired me to try something new is Werner Herzog’s Into the Abyss. The documentary films I love are always observational, as I enjoy watching the action unfold and feeling a part of the scenes. I particularly don’t like films that start with an interview; it seems dull and lazy. Then I watched this film and I was gripped from the start. And it opens with a long piece straight to camera! So here I am now in the middle of trying to make a non-observational film about a story that I felt I had to tell, but one I would have avoided tackling in the past. It’s very scary and I’m afraid it will be boring. I’m having to depend on people talking, as all the action has already happened, so I’m having to think of ways to give the film a narrative arc and a drama. I always thought that filming live action was harder. Now I really don’t know.

Kim Longinotto

Into the Abyss de Werner Herzog est le film qui m’a vraiment incitée à innover dans ma pratique. J’aime les documentaires qui privilégient l’observation et dont je peux suivre le déroulement tout en me sentant partie prenante. Je déteste particulièrement les films qui commencent par une entrevue. Rien de plus ennuyant et paresseux. Pourtant, ce film qui débute par une longue déclaration à la caméra m’a accroché tout de suite. Et je réalise actuellement un documentaire qui ne repose pas sur l’observation, sur un sujet que je n’avais jusqu’alors jamais envisagé de traiter mais qui s’est aujourd’hui imposé à moi. C’est très insécurisant et j’ai peur d’ennuyer car je vais être tributaire des séquences parlées puisque l’action en elle-même a déjà eu lieu avant que le film se fasse. À moi donc de trouver les moyens de donner une courbe narrative et dramatique à mon film. J’ai toujours pensé qu’il était plus difficile de filmer des scènes dont l’action se déroule en direct. Aujourd’hui, je ne sais vraiment plus.