Toujours vivants à Gaza

On a rarement l’occasion de ressentir réellement ce qu’est le lot quotidien des habitants de la bande de Gaza, cet petit territoire palestinien étouffé par le blocus israélien. Blocus largement dénoncé par la communauté internationale, tout comme le fut la meurtrière opération militaire « Plomb durci », menée à la fin du mois de décembre 2008 et en janvier 2009 par l’armée israélienne sur Gaza.

Le cinéaste suisse Nicolas Wadimoff, à qui l’on doit le film Clandestins (coréalisé avec Denis Chouinard en 1997), s’est rendu dans la bande de Gaza un mois seulement après l’opération israélienne. On pouvait évidemment s’attendre à un documentaire très dur et infiniment triste. Or, malgré la détresse des habitants qui vivent parmi les ruines, accablés par les deuils, et qui manquent de tout, il y a dans ce film une lumière, des enfants, quelques beaux rires sarcastiques et une envie d’espérer.

On visite : Gaza-ville, Rafah, la frontière égyptienne, la plage de Khan Yunes. Cette plage sur laquelle une dame nous dit que quand les colons juifs ont quitté la zone, ça a dégagé l’horizon. Et qui souhaite un effet semblable sur les esprits des habitants. Cette plage près de laquelle un mois avant, deux gamins sur leur embarcation de pêche ont eu peur de mourir. Toujours cette menace venant du ciel.

Ce sont d’ailleurs les jeunes qui nous touchent le plus dans ce documentaire. Il y a ce groupe d’enfants qui créent un sketch à propos de leur réalité, sous la forme d’un reportage télévisé. On suit les adolescent du groupe de rap Darg Team, qui tentent d’enregistrer malgré les coupures d’électricité, et qui s’expriment à la radio avec sérieux pour convaincre les gens de la rue que ce qu’ils font n’est pas de la merde, et qu’ils sont plus intelligents et ouverts qu’ils pensent.

Il y a aussi ces jeunes perdus qui font de pathétiques tours de manège au parc d’attraction.

Aisheen – Still Alive in Gaza est un autre exemple de la nécessité du cinéma documentaire.

Benoit Rose

 

 

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