Question de vie ou de mort à travers la paperasse

Comme je suis adjoint à la programmation, beaucoup de textes de réalisateurs, producteurs, distributeurs passent entre mes mains. Ils sont censés me convaincre, m’expliquer les choses, m’émouvoir mais, franchement, beaucoup de documentaires sont tout simplement médiocres, et les textes décevants ou trompeurs. Certains, par contre, s’imposent d’eux-mêmes et révèlent d’absolus chefs-d’oeuvre obscurs, dont c’est la seul publicité… Quand j’ai lu celui-là parmi une vingtaine d’autres arrivés un même matin, j’ai su qu’on tenait quelque chose :

17 August
The first prison in Russia for those sentenced to life terms.
A single cell.
Prisoner Boris Bezotechestvo.
Life sentence.
Article 102.
Triple murder.
Communing with a God who is indifferent to his fate.
He prays, but is NOT A BELIEVER.
His words filled the air of the cell. He talks and listens to himself.
The space within the cell consumes him.
His world is four walls and the view from the window.
The prison physically thrusts the prisoner into TIME.
A long succession of days and nights allotted to him, after which comes « hell » or « heaven ».

Vous avez vu ces mots en majuscules? Formidable!… Plus sérieusement, le film 17 August donne un sacré froid dans le dos, comme lorsqu’on ressort d’un film comme Cris et Chuchotements, mais comme ce dernier, c’est un film parfait qui nous envahit totalement. À voir jeudi 18 et vendredi 19 avec Countryside 35×45, lui aussi un film d’une qualité remarquable, et un peu plus léger heureusement!

Mathieu Bédard, adjoint à la programmation

17 August sera projeté le 18 novembre 2010 à 17h45 à la Cinémathèque québécoise et le 19 novembre 2010 à 17h30 au cinéma ONF. Plus d’informations ici.