1981 Regressionists, road-movie piéton

1981 Regressionists est un film qui m’a beaucoup touché. Il est réalisé par un jeune Canadien vivant à Montréal maintenant, c’est son premier film, il porte en lui quelque chose de très triste et très beau : la fin de l’enfance. Tout au long du film se ressentent d’une manière neuve les déchirements du destin d’adulte, l’empêchement de l’accomplir, la régression de relations d’amitié dans lesquelles tout se jouait jadis… L’histoire : Daniel veut sauver un ami d’enfance, Philip, avec qui il partageait les clés d’un univers magique, car pour Phil cet univers est devenu aussi sombre et étouffant qu’un monde sans soleil. Phil est devenu alcoolique. Et Daniel veut l’aider à surmonter son problème en le baignant justement en pleine lumière : ils feront le chemin de Compostelle ensemble, la caméra de Daniel ne les lâcheront plus d’une semelle tous les deux. Quelque chose d’une révélation se produira, espère-t-il, pour le meilleur ou pour le pire… et pas toujours pour les personnages que l’on croit. Une scène m’a particulièrement marqué dans laquelle Daniel s’adresse à la caméra et parle enfin de lui au lieu de Phil, révélant la nature de son projet, son besoin de faire du cinéma, les blessures secrètes que le filme n’arrive plus à taire… Un grand moment de cinéma, certainement une des meilleures scènes de notre sélection cette année.

Ne manquez pas la deuxième séance le 16 novembre au Goethe Institut, en présence de Daniel Ducheck.

MB