Vivent les vieux !

Il y a quelques semaines encore, je me trémoussais au POP Montréal aux sons de bands obscurs d’ici et d’aujourd’hui et, devant la force avec laquelle certains vieux routiers m’ont arraché les oreilles – parmi lesquels une vieille travestie jouant de la harpe et un groupe de punk-industriel terrifiant –, je me suis rendu à l’évidence : en termes de cassage de baraque, les vieux sont vraiment des experts…

Loin de se contenter des fadaises du style « C’était bien meilleur dans l’temps », ces vieux-là dont je parle prennent leur place et le font maintenant. Ils ont été à l’avant-garde tant de fois que, au diable si les jeunes, les timides et les timorés n’osent pas en faire tant! Et tant mieux si, au contraire, ils ont l’humilité ou l’inspiration de les suivre dans une nouvelle aventure.

Car les vieux, quand ils ont de l’audace, c’est de la sagesse, et l’univers qu’ils créent est souvent plus dynamique, attentif, créatif, ils sont plus vénérables et plus près de l’enfance tout à la fois. Moins conservateurs et peureux que les « thirty ou forty something », qu’est-ce qu’ils ont à perdre, en effet? Plus sensibles au passage du temps, ils sont plus près de la mort aussi, plus profond en un sens.

Cette année aux RIDM, on a tout ça, des vieux devant et derrière la caméra qui nous en mettent plein la vue, qui nous font réfléchir, rire, qui ont l’autorité morale sur ce qui est grave ou non, léger ou pas. Derrière la caméra, nous avons des légendes. Devant elle, des vieux qui le deviennent.

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Mathieu Bédard, adjoint à la programmation