Un mot de Pierre-Yves Vandeweerd

Le film Territoire perdu s’est mérité le Grand Prix de la compétition internationale longs métrages, de même que le Prix Montage. N’ayant pas pu être présent, le réalisateur Pierre-Yves Vandeweerd nous a envoyé ce petit mot de remerciements.

Bonsoir,

Je regrette de ne pas pouvoir être présent ce soir pour cette cérémonie de clôture des Rencontres internationales du documentaire de Montréal. Je suis très heureux des deux prix décernés à Territoire perdu car ils sont la récompense de plusieurs années de travail en tant que cinéaste dans cette partie de l’ouest saharien.

Il y a trois ans, j’ai commencé les premiers repérages pour le tournage de ce film au Sahara Occidental. Plus que documenter sur le contexte géopolitique du conflit qui oppose le peuple sahraoui au Royaume du Maroc, mon intention était de faire ressentir l’enfermement physique et mental dans lequel les Sahraouis vivent depuis 35 ans.


Il me semblait essentiel de faire partager, par le cinéma, ce que signifie l’impossibilité de traverser son propre pays, dès lors que celui-ci se trouve occupé par d’autres.
Si la plupart des gens, dans les pays Occidentaux, considèrent le conflit sahraoui comme une histoire passée, j’ai toujours pensé que seul un film, avec une forme libre et esthétique, permettrait de redonner corps et vie, quelque peu, à ceux et celles qui, là-bas, ont été oubliés par le reste du monde.

Je remercie dès lors tous les Sahraouis qui ont témoigné dans ce film.
Je pense que leurs voix résonnent en nous comme autant d’appels pour la liberté. Mes pensées vont également à mes producteurs (Michel David pour Zeugma Films
et Anne Deligne et Daniel De Valck pour Cobra Films).

Mais aussi à Alain Cabaux et Philippe Boucq qui, tant pour le son que pour le montage, m’accompagnent depuis de  nombreuses années dans mon travail de cinéaste.

 

Pierre-Yves Vandeweerd